Publié par : Emergence le : avril 16, 2008
Depuis la nuit des temps, les êtres humains essaient de modifier leur conscience. Pour certains, c’est un moyen d’entrer en contact avec une autre dimension, une réalité qui les dépasse ; pour d’autres ce sera un moyen d’échapper à une vie dans laquelle, ils ne se sentent pas en harmonie.
Selon Kurt Golstein (psychiatre et neurologue), la conscience est la connaissance immédiate et réfléxive de “stimuli” externes et internes. Les stimuli font partie de la perception, ils constituent la substance de la pensée.
Pour donner une image de la conscience, nous pourrions la comparer à une lumière allumée dans le cerveau. Lorsque cette lumière s’éteint nous redevenons inconscient. La conscience nous permet de contrôler notre environnement mais aussi nos propres actions et comportements. Nous n’avons pas systématiquement conscience de tout ce qui nous entoure. L’être humain a des limites qu’il doit apprendre à dépasser. Plus sa conscience s’ouvre et plus le champs de compréhension s’étend.
La conscience est insaisissable, elle existe sous la forme d’une voix intérieure, de la conscience de soi, de notre environnement et de notre expérience personnelle. Mais nous ne sommes pas conscient de tous nos processus mentaux, de toutes nos sensations corporelles et de tout ce qui se passe dans notre mental.
La conscience peut-être appréhendée d’au moins trois façons différentes :
- l’expérience subjective de notre propre conscience : nous sommes dans un rêve où nous savons que nous rêvons et nous sommes conscients d’être endormi. Lorsque nous sommes conscients de notre sommeil ou de notre état de veille, nous avons conscience de notre propre conscience.
- observations de nos actions délibérées : la conscience permet d’arbitrer notre comportement. Nous agissons parfois de manière impulsive et réflexe, sans réfléchir à ce que l’on fait. Nos actions peuvent être précédées d’une phase de délibéraion consciente, d’un acte de volonté qui va nous permettre d’analyser de façon consciente nos actes. Cela indique que nous sommes conscients de notre conscience.
- possibilité de mesurer l’activité électrique du cerveau : la conscience peut être observée physiologiquement grâce à la mesure de l’activité cérébrale. On utilise un électroencéphalogramme pour mesurer les ondes cérébrales, c’est-à-dire l’activité électrophysiologique du cerveau. Les différents tracés de l’activité cérébrale correspondent à différents niveaux de conscience observables. (cf. le chapitre du sommeil).
Pour modifier leur niveau de conscience, les êtres humains utilisent différentes méthodes telles que : la méditation, les rites religieux, la privation de sommeil, l’usage de certaines drogues et beaucoup d’autres méthodes. Ils existeraient plus de vingt états modifiés de conscience. Le plus courant est celui du rêve. Le coma est un état d’absence de conscience le plus profond. Le coma déconnecte du monde environnant.
Voici quelques états modifiés de conscience :
L’extase : sensation intense d’une émotion irrésistible, perçue comme agréable et positive. Selon certains cas rapportés, l’extase peut survenir à la suite de rapports sexuels, de danses rituelles, de rites religieux ou de l’absorption de substances psychoactives.
L’état méditatif : activité mentale minimale impliquant une réduction de l’imagerie mentale et pouvant être atteinte par la méditation, le yoga ou encore la prière.
L’état de transe : état de veille très suggestible. Un individu en transe est concentré sur un seul stimulus et inconscient du reste de l’environnement. Les rites religieux, le chant sacré, l’hypnose, le lavage de cerveau et même la musique peuvent induire un état de transe.
Le rêve éveillé : pensées rapides n’ayant aucun lien avec l’environnement actuel de l’individu. Le rêve éveillé peut être provoqué par l’ennui, l’isolation sensorielle et la privation de sommeil.
Conscience élargie : conscience accrue inaccessible dans la vie de tous les jours. Il existe quatre niveaux de conscience élargie :
– sensoriel : appréhension modifiée de l’espace, du temps et autres phénomènes sensoriels.
– remémoratif-analytique : expérience dans laquelle l’individu acquiert de nouvelles idées et révélations sur lui-même, le monde et son rôle dans le monde.
– symbolique : identification à un personnage historique ou à une personne célèbre, accompagnée de symboles mystiques tels que la vision d’un crucifix ou d’un ange.
– intégral : expérience mystique impliquant généralement la présence d’une force qui ne fait pas partie de notre dimension. L’individu a le sentiment de fusionner avec l’univers et de ne faire qu’un avec lui. Cet état peut être également désignée sous le nom de “conscience cosmique”.
La méthode la plus couramment utilisée pour atteindre un état modifié de conscience est sans doute l’usage de drogues. La plupart des toxicomanes déclarent qu’ils se droguent pour “plâner”. Le désir de plâner est la voloné d’atteindre un état modifié de conscience, en passant à un niveau de conscience pouvant induire des émotions négatives à un autre niveau ou l’individu ne se sent plus “mal”. L’idée selon laquelle la drogue est une fuite peut être juste si l’on considère que de nombreuses substances altèrent l’esprit et l’humeur tout en créant une “soupape d’échappement” permettant de passer d’un état de conscience à un autre. Ceci dit, toutes les drogues n’ont pas un impact sur la conscience si l’on considère que certains médicaments sont assimilés aux drogues.
Les substances dont le principal effet est d’altérer la conscience sont désignées sous le nom de “substances psychoactives”. Les plus courantes sont le LSD, la marijuana, la cocaïne, les amphétamines, les barbituriques, l’ecstasy, l’alcool et le phencyclidine (PCP). Toutefois, l’usage de ces substances est fortement déconseillé car elles entraînent une dépendance, des lésions cérébrales, des maladies mentales, une détresse psychologique et sociale. Il est donc recommandé d’atteindre un état élevé de conscience en pratiquant des méthodes en harmonie avec le corps et l’esprit.
LE SOMMEIL
Le sommeil est un changement de conscience. Le sommeil se caractérise par une modification de notre activité électrophysiologie. Lorsque nous sommes éveillés et en alerte, notre cerveau émet des ondes d’une fréquence de 13 à 30 hertz (Hz) qui correspondent à l’activité “bêta”. Lorsque nous sommes éveillés mais détendus, la fréquence n’est plus que de 8 à 12 Hz et correspond à l’activité “alpha” et aux états méditatifs. Les nivaux “téta” et “delta” correspondent spécifiquement au sommeil. Le ralentissement de ces ondes peut aller jusqu’au tracé dit “plat” qui définit l’état de “mort cérébrale” mais qui peut aussi faire suite à l’absorption de certains barbituriques provoquant une intoxication.
Quatre phases de sommeil sont distinguées :
Phase 1
Lorsqu’un dormeur potentiel ferme les yeux et commence à se détendre, à passer en mode inconscient, son cerveau est en activité alpha. Au fur et à mesure qu’il glisse dan le sommeil, ses ondes cérébrales deviennent moins régulières et ont une amplitude plus élévée. Il s’agit de l’”activité thêta” qui correspond à une fréquence de 3,5 à 7,5 Hz. Cette phase est considérée comme une période de transition entre la veille et le sommeil qui dure approximativement dix minutes.
L’amplitude correspond à la hauteur de l’onde. Ainsi, plus une onde est haute et plus la fréquence est basse car elle met du temps à effectuer son parcours.
Phase 2
Au cours de la deuxième phase du sommeil, l’activité cérébrale est irrégulière. Elle comporte des périodes de très faible amplitude, que l’on appelle les “complexes K” et des pics de 12 à14 Hz, désignés sous le nom de “fuseaux de sommeil”. Le dormeur est profondément endormi mais peut avoir l’impression de ne pas dormir.
Phase 3
Le cerveau émet des ondes d’amplitude élevée (3,5 Hz) qui indiquent le passage à l’”activté delta”. Cette phase dure environ une heure et demie.
Phase 4
Cette phase se caractérise par la présence d’un plus grand nombre d’ondes thêta parmi les ondes delta. Au cours de cette phase, les paupières du dormeur se mettent à battre très rapidement. Le dormeur entre dans une sous-phase dite de sommeil à mouvements oculaires rapides, qui se distingue par la pésence d’une activité bêta. Il s’agit de la sous-phase pendant laquelle le cerveau est actif bien qu’en état de sommeil.
Les rêves ont lieu au cours de cette sous-phase. Le reste du processus de sommeil se caractérise par une alternance de périodes de sommeil à mouvements oculaires rapides et de sommeil sans mouvement oculaire.
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